Protections et labels des parcs et jardins

La sauvegarde d'un jardin passe souvent par sa protection juridique et diverses législations, le cas échéant cumulables, mises en œuvre par différents ministères. Le statut du jardin (protégé ou non) conditionne alors l'aide technique et financière.

Protection au titre des monuments historiques

Aujourd’hui, 2493 parcs et jardins sont protégés au titre des monuments historiques, dont 627 font l’objet d’un arrêté de classement (chiffres au 31 décembre 2020).

En tant qu’immeubles, les parcs et jardins ayant un intérêt historique, artistique ou architectural, peuvent bénéficier de la protection au titre des monuments historiques en application du code du patrimoine (livre VI, titres I et II). Deux niveaux de protection existent : le classement ou l’inscription, le classement étant le plus haut niveau de protection.

Le service instructeur est la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), dont les services patrimoniaux sont à même d'orienter vers les professionnels (paysagistes dplg, historiens des jardins, archéologues, experts arboricoles, etc.) notamment pour l'élaboration des projets de restauration et des plans de gestion. Ces services peuvent, de leur côté, s'adjoindre le soutien des experts jardins de la direction générale des patrimoines, en particulier pour la définition des études à programmer.

 

Parmi les récents jardins classés au titre des monuments historiques :

Marseille 7, jardin de la villa Santa Lucia (Bouches-du-Rhône) : villa et jardin en terrasses sont un remarquable exemple de l'art des rocailleurs marseillais du début du XXe siècle, exceptionnel état de conservation de l'ensemble du réseau hydraulique permettant la mise en eau de ces ouvrages.

Source-Seine, parc archéologique et paysager des sources de la Seine (Côte d’Or) : parc paysager aménagé au XIXe siècle à la naissance des sources de la Seine à la manière d’un square parisien. Propriété de la ville de Paris

 

Parmi les récents jardins inscrits au titre des monuments historiques :

Bron, parc de la villa Rhodiana (Rhône) : parc d’une villa d’industriel des années 1920

Sains-en-Amiénois, parc de la roseraie et toutes ses rocailles en ciment (Somme) : parc et fabriques en rocaille de ciment aménagés à la fin du XIXe siècle

 

Protection au titre des sites

La France compte 2 700 sites classés et 4 000 sites inscrits (chiffre 2019) soit 4 % du territoire national.

Attachée à la protection des paysages, la politique des sites vise à préserver des lieux dont le caractère exceptionnel justifie une protection de niveau national, et dont la conservation ou la préservation présente un intérêt général au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Au fil des décennies, cette politique est passée du classement de sites ponctuels à celui de grands ensembles paysagers, et d’une politique de conservation pure à une gestion dynamique des sites.

La mise en œuvre de cette politique fait partie des missions du ministère en charge de l’écologie. Les programmes et projets de protections sont préparés par les directions régionales de l’environnement, et soumis pour avis aux commissions départementales des sites. Les décisions de classement sont prises par décret, après consultation de la commission supérieure des sites.

Enfin, les jardins peuvent se trouver dans le champ d'application d'autres mesures de protection du fait de leurs caractéristiques propres : dans les plans locaux d'urbanisme (PLU), en tant qu'éléments du paysage, au sein d'un site patrimonial remarquable (SPR).

 

Label Jardin remarquable

 

454 jardins sont labellisés « Jardin remarquable » au 30 décembre 2020.

Mis en place en 2004 par le ministère de la Culture et de la Communication, sur proposition du Conseil national des parcs et jardins (CNPJ), le label "Jardin remarquable" distingue des parcs et jardins dont la composition, la palette végétale et l'entretien sont d'un niveau remarquable. 

Ces jardins peuvent être privés ou publics, historiques ou de créations récentes, protégés ou non au titre des monuments historiques ou des sites.

Ce label a pour but de reconnaître et de valoriser des parcs et jardins ouverts au public et particulièrement bien entretenus. Il est attribué pour 5 ans renouvelable et répond à 6 critères d’exigence et de qualité : la composition, intégration dans le site et la qualité des abords, les éléments remarquables (eau, fabriques, architectures végétales...), l’intérêt botanique, intérêt historique et l’entretien et le plan de gestion.

Le label procure les avantages suivants :

  • une mention dans les documents diffusés par le ministère de la Culture ;
  • la possibilité d’obtenir d’une signalisation routes et autoroutes, selon le même processus que les édifices protégés au titre des monuments historiques
  • la possibilité d’une prise en compte dans la définition des plans locaux d’urbanisme (PLU)

En contrepartie, le label engage les propriétaires à assurer un entretien régulier de leur jardin, à l’ouvrir à la visite au moins 40 jours dans l’année et 6h par jour, à participer au moins à une opération nationale ( Rendez-vous aux jardins et/ou aux Journées européennes du patrimoine), à mettre à la disposition du public des documents d’information (plan, historique, indications botaniques) et à apposer dans un lieu visible du public une plaque émaillée reprenant le logotype du label « Jardin remarquable ».

Parmi les derniers jardins labellisés en 2020 : 

Bourgogne-Franche-Comté

71 : Jardin des Soussilanges

Lové au cœur d’un vallon de Bourgogne du Sud, notre jardin naturel s’organise en cinq espaces clos gravitant  autour d’une demeure bourbonnaise du XVIIIème siècle. Les ambiances s’enchainent au rythme des clins d’œil, des parterres de vivaces, des massifs de rosiers, de graminées et des bassins de nymphéas ouverts sur la campagne environnante.

 

Bretagn

22 : Plouëc-du-Trieux – Jardin de Kerfouler      

Jardin privé créé en 2010 à proximité d’une ancienne ferme du 18e siècle. Une quinzaine de petits jardins, cloisonnés de palissades de verdure ou de métal, se succèdent suivant un parcours labyrinthique et volontairement contrasté, créant la surprise : jardins classique, dunaire, marocain, zen, potager… 

 

Centre-Val de Loire

18 : Jussy-Champagne – Parc du château de Jussy

Parc paysager créé par le comte de Choulot, autour du château de Jussy, édifice du XVIIe siècle inscrit au titre des monuments historiques. L'empreinte du vieux parc du XVIIe siècle est toujours perceptible, avec l'alignement des vieux tilleuls à l'ouest du château, l'allée d'eau à l'est et ses cinq platanes monumentaux, les restes du labyrinthe de buis et, sur la grande pelouse au sud, le pavillon d'angle et les traces du mur de l'antique jardin clos. 

 

Nouvelle-Aquitaine

17 : Le Chay – Jardin du Riollet           

La création du jardin du Riollet date de 1996. Sur une surface de 16 500 m² pins sylvestres, pins maritimes, pins parasols, ou encore  chênes et érables champêtres.

33 : Margueron – Jardin du château du Pierrail  

Le jardin à la française est composé d’une terrasse avec parterres de buis. Cette terrasse surplombe le parc paysager et donne accès à une autre terrasse avec jardin à la française. Autour du théâtre de verdure, l'allée serpentine bordée de buis, circule entre les topiaires. 300 ifs de toutes tailles, certains de plus de 3.50 m créent l'atmosphère particulière de cette promenade. 

 

Occitanie

65 : Maubourguet – Jardin de la Seigneurie       

La propriété date pour son origine du début du 19e siècle. L'espace a été repensé, redessiné et replanté de A à Z à partir de 2001. Ce jardin de ville, aux dimensions restreintes, présente aujourd'hui une végétation diversifiée par leurs essences (beaucoup d'espèces méditerranéennes) et ordonnée ; chaque espèce est taillée, sculptée, offrant au regard des perspectives étonnantes. Plus de 145 palmiers devenus adultes (trachycarpus fortunei, ou palmiers chanvre, Phoenix, dracaenas...) complètent l’ensemble.

En savoir plus sur les jardins remarquables :