En France, 12 millions de personnes sont en situation de handicap. Pour leur permettre de profiter de l’offre et des pratiques artistiques, le ministère de la Culture s’est fixé comme objectif de rendre accessibles les œuvres et lieux culturels ainsi que les parcours pédagogiques dans l’enseignement supérieur culture. L’action du ministère s’inscrit, sur ces enjeux, dans le cadre de la loi dite « loi handicap », du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap, qui a refondu en profondeur la politique du handicap en France.
Cette action s’inscrit par ailleurs dans une démarche interministérielle, en lien étroit avec le ministère en charge du handicap, collaboration qui s’est concrétisée, en juillet 2025, par le renouvellement d’une convention nationale culture/santé, médico-social et handicap. Enfin, les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre territoriale de cette politique en accompagnant les établissements, en relayant les priorités nationales et en soutenant les initiatives locales.
Un plan Culture et handicap
En avril 2023, la Conférence nationale du handicap élaborait une feuille de route handicap et inclusion pour la période 2023-2026, élaborée en concertation avec les associations représentatives des personnes handicapées et les autres ministères concernés. Le ministère y présentait six mesures structurantes dans le cadre de son plan Culture et handicap. Parmi elles, la construction d’une bibliothèque nationale du livre accessible pour se procurer des ouvrages et commander des adaptations encore non accessibles.
L’an dernier une plateforme de l’audiodescription a été créée pour faciliter l’accès aux œuvres cinématographiques à destination des publics déficients visuels. Il s'agit d’un catalogue éditorialisé de plus de 2 700 films qui indique aux usagers les différentes solutions de visionnage comme les plateformes de diffusion en ligne (VOD et SVOD).
Un fonds pour rendre accessibles les établissements
Cet objectif d’inclusion implique de répondre aux enjeux majeurs d’accessibilité des lieux de culture, notamment les jardins, dont les spécificités architecturales ou historiques peuvent constituer des freins. Il s’agit par exemple de soutenir des démarches pour agir à la fois sur l’accessibilité physique, sensorielle et cognitive, mais aussi sur la qualité de l’accueil et des dispositifs de médiation. L’accessibilité devient ainsi un levier structurant de la démocratisation culturelle et de la participation de toutes et tous à la richesse du patrimoine commun.
Depuis 2018, un fonds accessibilité, doté d’un million d’euros chaque année, permet de soutenir les établissements culturels souhaitant renforcer leur stratégie en matière d’accessibilité et l’acquisition d’outils dédiés. Ainsi, l'an dernier, l'abbaye de Noirlac (Centre Val de Loire) a pu mettre en place, grâce à ce fonds, des supports de médiation adaptés à tous les handicaps : livrets en braille, FALC (Facile à lire et à comprendre), des vidéo en langue des signes française (LSF), des visites en audiodescription, des dessins en couleurs contrastés, des textes de visite en gros caractères et même une visite 3D de l’abbaye permettant également un accès complet au monument et aux jardins pour les personnes qui n’ont pas la capacité de la visiter entièrement. En Seine-et-Marne, le Département a lancé un programme de travaux bâtimentaires en vue de rendre ses cinq établissements culturels accessibles (le château de Blandy, le musée de la Seine-et-Marne, le musée des peintres de Barbizon, le musée Stéphane Mallarmé et le musée-jardin Bourdelle), notamment la réalisation des documents de visite en FALC.
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